28 novembre 2008

100 chandelles sur le gâteau de Claude Levi-Strauss!

Aujourd'hui c'est l'anniversaire du grand ethnologue Claude Levi-Strauss. Le père du structuralisme est aujourd'hui retraité (depuis pas si longtemps d'ailleurs) et vis dans son appartement de Paris qui est remplis de multiples artéfacts qu'il a ramené de ses voyages aux quatre coins de la planètes. Ayant lu plusieurs de ses ouvrages, je ne peux pas passer sous silence l'anniversaire d'un aussi grand homme (Ne prenez cependant pas "grand" littéralement).

Il a été professeur au Collège de France et il est membre de l'Académie Française (d'où on ne sort qu'à sa mort). Il est d'ailleurs un spécialiste de la questions des communautés autochtone du Canada ou plus précisément de la Colombie-Britanique et du nord des États-Unis (entre autres choses).

J'ai étudié son oeuvre dans plusieurs de mes cours mais plus précisément dans mon cours d'anthropologie de la parenté où son analyse est essentielle pour avoir un portrait global de ce qu'est l'anthropologie. Mais je ne suis vraiment pas d'accord avec une idée qu'il a défendu pendant des années. Je me sens un peu hautaine de dire que je ne suis pas d'accord avec un des pères de l'anthropologie mais son idée ne me plait pas du tout.

En fait, Claude Levi-Strauss est un fervent défenseur contre l'uniformisation culturelle. Il dit même qu'un "état" peut même se refermer sur lui-même si c'est ce qu'il faut pour ne pas que sa culture "disparaisse". Étant une grande fervente croyante en la créolisation, je ne peux être d'accord avec cette conviction de Notre-Père. Pour moi, l'uniformisation culturelle n'existe pas, tout simplement. Cependant, rien ne peut lui enlever le mérite de ces nombreuses années où il a complètement révolutionné l'anthropologie et une foule d'autres domaines qu'il serait difficile d'énumérer ici sans que vous vous endormiez après le lu le 150e de la liste. Voici une excellente entrevue avec le Maître que j'ai trouvé sur Youtube.


3 commentaires:

impavide a dit…

J'aimerais beaucoup que tu élabores quand tu dis que l'uniformisation culturelle n'existe pas. Moi je crois qu'on à le droit d'acheter des gugus électronique ailleurs si on est pas capable d'en fabriquer, on peut acheter nos bananes ailleurs si on est pas capables de les faire pousser mais lorsqu'on dépends d'ailleurs pour sa culture, on à une identité qui se meurt. Je vois autour de moi de plus en plus de signes assez alarmant qui ne semblent déranger personne. Sur le plan architectural, on retrouve de plus en plus le modèle Repentigny (Home Dépot, Wal-Mart, Costco, McDo, aucune salle de spectacle) tout partout. Ce modèle qui est répendu jusqu'au Mexique et qui rend dérisoire la valeur touristique d'un endroit ne semble pas faire paniquer grand mode. Côté film, les gens autour de moi vont chercher des séries américaines en DVD comme lost et 24h mais ignorent que le cas Roberge à fait un film. Élabore s'il vous plait parce que je suis loin d'être certain que j'ai compris.

Laurie a dit…

Ok, je vais essayer de faire de mon mieux. Tous les exemples que tu as apportés ici sont vus comme des symptômes d'uniformisation culturelle (Mcdonalisation, Étatunisation (si ce mot existe) etc...) mais ils ne le sont pas. Je suis d'avis qu'une culture est toujours en changements et que quand ces choses arrive dans une communauté (Prenons comme exemple Repentigny) ils ne deviendront pas ce qui leur est imposé par les industries. A Repentigny, les gens sortent de leur ville pour aller voir des spectacles ailleurs et ça ne veux pas nécessairement dire que ceux qui déménagent à Repentigny arrête de consommer de la culture.

Bref, la thèse de la créolisation c'est que la culture reçoit un agent étranger, le prend, le transforme pour qu'il deviennent le leur.

Ex: Le coke. Symbole que les corporations américaines sont partout dans le monde. Phénomène puissant de l'uniformisation culturelle américaine si tu veux. Et bien le coke n'est pas bu de la même façon, pas utilisé de la même manière (certaines cultures n'achète même pas du coke dans le but de le boire!). Aux Barbades, le coke est utilisé pour mélanger au Rhum pour faire une boisson qui est appelé boisson de liberté (gros paradoxe je sais). Et si on demande aux gens de la place d'où viens leur boisson ils diront que toute la boisson et ses ingrédients sont de la place. Parce qu'ils ont transformé le coke pour en faire une boisson locale. C'est la même chose avec Mcdonald. Même si la commercialisation du produit est le même la culture qui reçoit en fera ce qu'elle veux bien et transformera le tout en chose de la place. La culture est en pleine évolution. De là à savoir si c'est mal ou bien que le McDonald's soit transformé que quelque chose de la place, c'est une autre question!

Bref, la liste est longue mais d'après moi, il n'y a pas d'uniformisation culturelle seulement une manipulation des objets de masses des population locales pour en faire les leurs.

Mais je t'avoue que c'est une opinion culturelle et que c'est très discutable et presque polémique. Je ne suis pas la seule à penser ça mais la contestation est très forte. C'est un nouveau courant de l'anthropologie qui a émergé avec la Mcdonalisation.

Impavide a dit…

Discourir sur l'existence d'un absolu est peut-être un faut débat. On peut se demander longtemps si le zéro absolu existe sans vraiment conclure mais on peut facilement se rendre compte qu'il fait plus froid ce mois-ci que le mois passé. Ainsi, on peut facilement observer que la culture est de plus en plus uniformisée.

Il n'y à rien de mal à intégrer les éléments positifs des autres cultures à la sienne. Je crois cependant qu'il faut se méfier du danger de devenir culturellement dépendant d'une autre culture.

Pour revenir à Repentigny on peut constater que sa richesse culturelle est faible. La culture ne fait probablement pas partie de la vision (s'il en est une) de ses dirigeants. Repentigny dépend donc beaucoup de l'extérieur pour sa culture. En comparaison, Joliette, 40 km plus loin, est une ville beaucoup plus petite mais avec une culture beaucoup plus riche. On y retrouve des orchestres symphoniques, un Cégep, un festival international de musique classique, un Amphithéatre, une salle de spectacle fort respectable. Repentigny est un parasite de Montréal et ne représente aucun intérêt en soi. Personne ne peut imaginer aller visiter Repentigny dans le but de trouver quoi que ce soit d'original ou d'intéressant. Même magasiner à Repentigny ne représente aucun intérêt. On y trouve les mêmes choses uniformes et plattes que partout ailleurs.

Je crois qu'un fin Rhum Jamaicain vaut mieux que n'importe quel Rhum and coke et je n'ai pas l'intention de faire un voyage au Mexique dans l'espoir d'être émerveillé à l'idée de découvrir que leurs McDo ont remplacé leur Ketchup par de la salsa.

C'est notre différence qui représente un intérêt. C'est parce que la ville de Québec est différente que des centaines de milliers de personnes sont allés la visité cette été. C'est parce que nous parlons français que des gens de partout viennent nous voir et font affaire avec nous.

Je ne voudrais pas qu'à plus grande échelle, le Québec devienne un Repentigny du Canada ou des États-Unis. Ainsi je ferais toujours tout mon possible pour protéger ma culture et défendre ceux qui l'ont construite et ce n'est pas un nouveau courant de l'anthropologie qui saura me faire changer d'idée.